photos : Julia Taramarcaz

Vous avez perdu la mémoire des événements, il vous reste celle de beaucoup de mots.

Deux femmes, un soldat et un grand cahot. Trois personnages rescapés d’un conflit meurtrier.Le soldat ne parle plus, il marmonne, il gesticule, plongé dans un coma d’engeance de guerre. Les femmes, elles, parlent des mots, les mots qu’il leur restent. Les mots ne se rattachent plus à grand-chose, les événements passés sont flous. Plus qu’un dialogue, ce sont deux monologues perdus dans l’espace et le temps que la solitude et l’angoisse font se rejoindre.

De ces discours apparemment absurdes et naïfs en sort une critique virulente et crue sur le rapport de l’humanité avec la violence et la guerre. Les conflits se suivent et se ressemblent tous. Comme si l’humain n’en tirait aucune conclusion, mise à part le besoin de trouver sans cesse des armes plus destructives.

Cette pièce est un constat d’échec. L’humanité ne sera jamais en paix. Puisque l’homme s’il se souvient des mots, oublie les événements et les répète constamment. La violence à ses cycles que la mémoire et les traumatismes ne freinent pas.

Etrange et imprégnante, elle interpelle par son écriture directe et épurée qui sublime la langue pour donner pleinement leur sens aux mots, par le monde qu’elle nous ouvre et les questions qu’elle nous pose. Au monde de Duras, la compagnie a décidé d’ajouter les masques.

Yes, peut-être

Texte Marguerite Duras

Avec Marianne Défago, Brigitte Martinal et René-Claude Emery

Mise en scène Mathieu Bessero-Belti

Masques et costumes Gilles Brot

Scénographie Boris Michel

Création lumière Raphaël Mailler

Administration Marcelle Petoud

Coproduction belle Usine

Avec le soutien de l’Etat du Valais, la Loterie Romande, la Commune de Fully, la Fondation Ernst Göhner et le Pour-cent culturel Migros

 

Dossier de présentation