Lecture musicale: «Lettres à Jeanne»

Dans cette création inédite, le comédien Mathieu Bessero-Belti, le pianiste Julien Pouget et le réalisateur Gaël Métroz réveillent eux aussi une correspondance dormante, signée par le poète Vital Bender, qui a tragiquement mis fin à ses jours en 2002. Ces lettres étaient restées cachées au fond d’un grenier jusqu’à ce qu’elles soient retrouvées et qu’elles témoignent de l’élan désespéré qui guidait l’inspiration du poète, entre frayeur et splendeur contemplative d’un éternel féminin ici prénommé Jeanne, dont on ne sait pas vraiment si elle a existé. «C’est très touchant de voir combien Mathieu Bessero-Belti porte ce patrimoine de Vital Bender, qui est comme un cri dans la nuit. Et derrière la nuit amoureuse du poète incapable de le partager, on sent aussi l’amoureux transi qu’il est. Avec en plus la très belle musique de Julien Pouget et les images de Gaël Métroz, c’est un vrai coup de cœur.»

Jean-François Albelda

Nouvelliste - 08.10.2019

Je disparais
Mathieu Bessero-Belti est un metteur en scène qui aime plonger dans le tréfonds de l’âme humaine. Il l’a prouvé en montant des partitions de Marguerite Duras, Fabrice Melquiot ou encore Howard Barker. Avec Je disparais, de l’auteur norvégien Arne Lygre, l’artiste valaisan trouve un morceau de choix, puisque ce texte évoque la situation de deux êtres qui doivent quitter précipitamment leur foyer et se trouvent confrontés aux questions d’identité. Qu’est-ce qui fait qu’on est ce qu’on est? Notre personnalité, notre ancrage
géographique, notre profession ou simplement notre imaginaire en perpétuelle redéfinition? Dans la distribution de cette pièce pour quatre personnages, la pétillante Fanny Pelichet contribuera à répondre à ces questions.

Marie-Pierre Genecand

Le Temps - 09.05.2018

De verres en vers,

une ode aux cépages valaisans
Après le succès de leur spectacle «Bouche à oreille», Marie Linder et Mathieu Bessero en publient les textes enchanteurs et enivrants.

«Je vais te plaire. Mais pas tout de suite. Je ne plais pas tout de suite. Je ne suis pas de ceux qu’on regarde passer dans la rue.
Je ne suis pas de ceux qu’on siffle. Tant mieux. J’ai du chien. J’ai de la rage…»

 

Si vous avez raté la performance de Mathieu Bessero-Belti déclamant les mots d’Aude Bourrier pour parler du johannisberg, ou mieux encore, si vous avez été enivré par le
spectacle «Bouche à oreille» que l’acteur et metteur en scène a imaginé avec la spécialiste en vins Marie Linder, vous pouvez
désormais retrouver l’intégralité des six textes célébrant autant de nos cépages dans un très beau recueil conçu par Adeline Rouiller et illustré par Jean-Marc Linder.


Chanter le vin, déguster les mots
L’aventure a commencé en 2017 lors du Oh! Festival. Une rencontre improbable entre Marie et Mathieu et des discussions qui révèlent un goût commun pour le théâtre, la
littérature et le vin, ont suffi pour donner vie à cette démarche inédite.

 

Directeur de la compagnie Mladha, Mathieu Bessero-Belti est en quête d’un projet qui irait à la conquête d’un nouveau public et Marie, qui apprécie le monde du spectacle, rêve de
guigner de l’autre côté du rideau. Le hasard fait que cinq auteurs sont en résidence à Malévoz durant ce Oh! Festival. Ils viennent du Cameroun, du Canada, de France, de Belgique ou de Suisse. Ils sont approchés pour écrire un texte sur un cépage emblématique du Valais avec une contrainte, y glisser vingt mots imposés. Des mots tirés des réponses de Marie aux questions de Mathieu pour définir chaque cru. Emballés par la démarche, Aude Bourrier, Blandine Costaz, Edouard Elvis Bvouma, Giuseppe Lonobile et David Paquet relèvent le défi.
Mathieu Bessero-Belti prête également sa plume. Six auteurs, cinq nationalités et autant de cultures pour déguster nos vins,
les appréhender, s’en inspirer et devenir des ambassadeurs des crus valaisans.


Trois mois plus tard, lors des Caves ouvertes des vins du Valais, Marie et Mathieu se produisent pour la première fois devant un parterre, pas nécessairement acquis à la poésie. Le succès est immédiat. «L’idée de réciter ces textes, de leur donner une voix, une intonation, ouvre une porte sur la poésie
qui, finalement, n’est que pure émotion», relève Mathieu Bessero-Belti.

 

«A lire un verre à la main.»

La quatrième de couverture ne laisse planer aucun doute, elle invite à passer à la pratique. Entre deux gorgées, on se prend à réciter ces superbes textes.

France Massy

Nouvelliste - 03.03.2018

Elan Vital à la belle Usine
La Compagnie Mladha, depuis plusieurs années, «explore la langue contemporaine et expérimente le corps et sa présence sur le plateau». Voici aujourd’hui un spectacle consacré à Vital Bender, après des auteurs dramatiques comme Marguerite Duras ou Bastien Fournier. La compagnie «s’offre un détour du côté de la poésie». La Compagnie Mladha propose ainsi à la belle Usine à Fully, les 20-21-22 avril à 19 h 30, un spectacle original qui rend hommage à l’auteur fulliérain: des textes vifs et novateurs. Humour, danse, chansons, cascades et surréalisme au rendez-vous.

 

JMT

Nouvelliste - 20.04.2017

Faire revivre les mots forts du poète
En résidence artistique étalée sur trois ans au Théâtre du Crochetan, la Compagnie Mladha propose, ce soir au Mésoscaphe, une performance inspirée par des textes de Vital
Bender, le poète de Fully, qui a mis fin à ses jours en 2002. «Elan Vital» est concocté par Ledwina Costantini, Laure Dupont, Mathieu Bessero-Belti et René-Claude Emery. Quatre
artistes aux univers différents, qui s’allient ici pour redonner vie à des textes méconnus du poète valaisan.


Un poète révolutionnaire
Lors de la performance de ce soir, le public des anciennes halles Giovanola pourra découvrir ou redécouvrir des poèmes parfois surprenants. «Vital était un poète révolutionnaire qui écrivait de manière nouvelle, témoigne Mathieu Bessero-Belti. «Il
adorait Rimbaud, mais le trouvait un peu trop concret! C’est la première fois que notre compagnie, qui travaille autour de l’écriture, part de poèmes pour créer un spectacle.»

 

Publication d’un recueil
Pour la compagnie, l’écriture de Vital Bender a quelque chose de musical, de l’ordre de l’impressionnisme, qui permet à chacun de s’y promener à sa guise. Basés durant trois semaines au quartier culturel de Malévoz,
les membres de la compagnie valaisanne sont en phase de laboratoire. De cette expérience autour des mots de Vital Bender naîtra aussi un recueil de textes inédits, qui sera publié prochainement aux Editions Monographic.

Joël Jenzer

Nouvelliste - 24.03.2016

Deux spectacles cette semaine au TLH.
 

Du côté de chez William
Le Théâtre Les Halles de Sierre est au centre de deux pièces cette semaine. Jeudi, «Urgence» est proposé par la Cie Mladha, une pièce écrite et montée rapidement sur place, sous la direction de Mathieu Bessero-Belti. Une oeuvre de Blandine Costaz, avec Stéphanie Schneider et René-Claude Emery.

 

Vendredi et samedi, c'est William Shakespeare qui s'invite à Sierre: le Théâtre du Loup Junior de Genève propose «Les deux gentilshommes de Vérone», une pièce peu connue du grand public, pleine de rebondissements qui a aussi l'avantage
de pouvoir distribuer des rôles à quatorze adolescents.

Joël Jenzer

Nouvelliste - 12.11.2013

La compagnie Mladha propose «Veilleuse», une création dans les murs de l'hôpital psychiatrique de Malévoz.
 

Quand le théâtre part à la découverte

de lieux inédits
«Avec cette pièce, nous ne sommes pas là pour l'hôpital, nous venons y faire de l'art. Le but, c'est de faire monter les gens à l'hôpital.» Mathieu Bessero-Belti est le metteur en scène de la pièce «Veilleuse», qui sera jouée à l'hôpital psychiatrique de Malévoz, sur les hauts de Monthey, dès demain. La compagnie Mladha comble ainsi le voeu du Service socioculturel des Institutions psychiatriques du Valais romand (IPVR), à savoir de créer le lien entre la psychiatrie et la
société, en attirant des visiteurs sur le site.


La pièce «Veilleuse» n'est pourtant pas spécialement conçue pour le cadre de Malévoz. Le texte signé Blandine Costaz
dormait dans un tiroir depuis dix ans. Il prend vie avec deux comédiens, Blandine Costaz, justement, et René-Claude Emery. Une mise en parallèle du monde du travail et de celui
du couple: la pièce, en deux parties, implique le même personnage féminin, d'abord confronté à un patron entreprenant lors d'un entretien d'embauche, puis face à son
mari, lors de leur séparation.


D'un monde à l'autre
«Ce sujet fera écho chez tout le monde», relève Mathieu Bessero-Belti. Après une générale réservée aux patients et aux soignants, la pièce sera présentée pour tout le monde. L'équipe a répété durant un mois sur les lieux. Une expérience qui a
marqué le metteur en scène: «Nous avons eu beaucoup d'échanges à la cafétéria avec les résidents et les soignants... On peut sauter d'un monde à l'autre, il suffit de passer une haie de thuyas.» Le spectacle devrait ensuite être présenté sous d'autres cieux. «Il peut être
joué n'importe où, pas forcément dans des théâtres: nous allons partir en tournée, jouer dans un jardin, une villa, chez des privés.» En cinq ans, la compagnie Mladha a proposé
quatre spectacles. «Nous sommes contents de pouvoir continuer à partir à la rencontre d'auteurs contemporains. J'espère que le public continuera à nous suivre.»

 

Joël Jenzer

Nouvelliste - 06.06.2012

Les mots pour le dire

Quand Mathieu Bessero-Belti a lu «C'est ainsi mon amour que j'ai appris ma blessure», il a eu un vrai coup de coeur. «Je suis tombé amoureux de l'écriture de Fabrice Melquiot. Elle me touche profondément. C'est difficile à expliquer. Cela me parle vraiment.» Mathieu Bessero-Belti se voit alors déjà interpréter le rôle de cet homme, seul dans un aéroport, qui lutte pour se trouver une raison de vivre. Pourtant, ce n'est pas lui qui jouera ce personnage. «Un soir, j'en ai parlé avec le comédien Vincent Rime, avec qui j'avais joué au Teatro Comico de Sion. Et là, cela a été l'évidence: Vincent incarnerait parfaitement ce personnage!» Mathieu décide alors de le mettre en scène. «J'ai pu amener l'esthétique que j'imaginais, car je connaissais le texte presque par coeur», raconte l'artiste fulliérain. Le résultat a ravi les critiques.

Nouvelliste - 03.11.2009

Amours rêvées
On a tous un jour dans une rue, dans un train, rencontré l’amour, l’amour furtif ou l’amour fou, ou rêvé cette rencontre... Jamais nous n’avons osé dire «je vous aime». Toujours nous avons des flots de belles paroles qui chahutent nos pensées, mais ne sortent pas.

 

«C’est ainsi mon Amour que j’appris ma blessure», un texte quasiment inédit à la scène de l’auteur français Fabrice Melquiot, raconte un folle rencontre amoureuse vécue dans un aéroport.


Un homme seul, probablement perdu, assis dans une salle d’embarquement, une valise rouge à ses pieds, croise une femme, silencieuse, qui va bouleverser ses pensées.
Monologue adressé à cette femme, peut-être imaginaire, l’écriture de Fabrice Melquiot nous transporte dans un moment de poésie, une romance d’un instant, rythmée par les
décollages ou atterrissages des avions…

 

La deuxième création de Mathieu Bessero. Vincent Rime y interprétera cette figure poétique, accompagné et modelé par le travail et l’univers de Gilles Brot.

Migros Magazine - 20.04.2009

Le grand virage
Sous la conduite de Mathieu Bessero-Belti, la Compagnie Mladha présente «Yes, peut-être» à la belle Usine, à Fully.

Rencontre avec un jeune homme qui a décidé de se lancer à fond dans le théâtre.
 

La belle Usine, Mathieu Bessero-Belti la fréquente depuis très longtemps. Le jeune comédien y a fait ses gammes au sein des Vilainsbonzhommes. Aujourd'hui, il y revient en professionnel, présenter la première création de la Compagnie Mladha, un collectif qu'il a créé avec deux amis de scène, René-Claude Emery et Gilles Brot. «Nous avons fondé cette compagnie pour faire un peu plus ce qu'on veut, pour pouvoir donner notre vision du monde», explique Mathieu Bessero-Belti.


Cette création, c'est «Yes, peut-être», une pièce de Marguerite Duras, qui se déroule après une guerre atomique. Mathieu Bessero-Belti en assure la mise en scène. «J'ai été touché par le propos. L'auteure critique de la virilité, qui engendre la guerre. J'ai été aussi séduit par l'écriture de Marguerite Duras, une écriture belle et particulière.»


Avec des masques
Pour une première création, s'attaquer à Marguerite Duras ne représente-t-il pas un pari risqué? «C'est vrai que c'est une auteure qui n'est pas toujours facile. Il faut trouver une
légèreté là-dedans, que ce ne soit pas plombé, mais sans en faire non plus du Feydeau.»


Avec «Yes, peut-être», la Compagnie Mladha cherche à créer une dimension supplémentaire, en intégrant des masques -
fabriqués par Gilles Brot. «On est dans la
théâtralité complète: avec les masques, ce ne sont plus des comédiens, mais des personnages qui sont sur scène. Cela met
aussi une distance: ces personnages, masqués, peuvent être n'importe qui.»


Au foyer et en scène
Tombé tout petit dans la marmite du théâtre, Mathieu Bessero-Belti a abandonné son rêve après une audition au Conservatoire de
Lyon. «J'ai eu les boules de faire comédien, je me suis dit que je ne pourrais pas gagner ma vie comme ça, et j'ai laissé couler le temps.» Il bifurque alors dans l'administration de spectacles, notamment au sein de la Compagnie de danse Alias, où il a fait un stage. Il s'occupe également de la programmation de la belle Usine.

 

Cette année, Mathieu Bessero-Belti prend pourtant un virage qui le ramène sur les planches, et en tant que professionnel. Après
trois rôles dans des pièces de la compagnie Ka-Têt au Teatro Comico, il se sent le courage de foncer: «Ça m'a donné envie d'oublier mes peurs... J'ai décidé de me lancer. Et ça coïncide avec la création de la compagnie.

En même temps, je vais être homme au foyer. Ma femme, qui n'appartient pas au monde du
théâtre, a une organisation qui permet de faire tout ça. C'est elle qui m'a encouragé à y aller.» Le jeune homme s'apprête à enchaîner les projets: une mise en scène à Orsières, des cours pour les enfants à l'Ecole de théâtre
de Martigny, d'autres pièces avec le Ka-Têt, un monologue qu'il jouera... «Idéalement, j'aimerais travailler durant huit mois, dont trois ou quatre consacrés à la mise en scène. J'ai
envie de me dire que c'est tout à fait possible de faire du théâtre et de la création en Valais.»


Un tour chez Duras
Pour sa première création, la compagnie Mladha n'a pas choisi un projet confortable. Avec «Yes, peut-être», le metteur en scène Mathieu Bessero et son équipe entrent dans l'univers de Marguerite Duras, un monde pas forcément facile d'accès.

 

La pièce, écrite en 1968, met en scène trois personnages - deux femmes et un soldat (joués par Brigitte Martinal Bessero,
Marianne Défago et René-Claude Emery) - rescapés d'un conflit meurtrier. Le soldat ne parle plus. Quant aux deux femmes, il leur reste les mots, mais ils ne sont pas rattachés à grand-chose, car les événements du passé sont flous. Plus qu'un dialogue, les mots forment deux monologues, des discours absurdes et naïfs qui donnent lieu à une critique virulente sur le rapport de l'humanité avec la violence et la guerre. La pièce est un constat d'échec: l'humanité ne sera jamais en paix, l'homme répétant sans cesse les mêmes
comportements.

Joël Jenzer

Nouvelliste - 08.09.2007

Mit Kultur Brücken schlagen –

und den Sprung wagen…
Vielfältig daher kommt das «Kultur-Menü», welches das Walliser «Oh! Festival» diese Woche auftischt. Seine Eröffnung feiert der fünftägige Anlass am Mittwoch in Martinach. Bis Sonntagabend zeigen einheimische und auswärtige Kultur-schaffende aus verschiedensten Sparten, was sie so alles draufhaben. Sie tun dies rottenauf- und rottenabwärts, um die 30 Anlässe stehen auf dem Programm (siehe www.ohfestival.ch). Zum Zug kommen dabei Musik verschiedenster Stilrichtungen und Theater, Comedy lockt genauso wie Tanz, Zirkusdarbietungen und Performances.


«Das Beste aus der Region»
Im Oberwallis bieten drei Häuser diesem fünftägigen Walliser Kulturspektakel Gastrecht: Das Zeughaus Kultur und das
Oberwalliser Kellertheater in Brig-Glis sowie das Schloss Leuk in Leuk-Stadt. Nebst dem Besuch einzelner «Oh!»-Veranstaltungen stehen Interessierten täglich auch sogenannte «Oh!»-Aufführungspisten zur Verfügung: Mit dem entsprechenden Abo lassen sich eine festgelegte Route entlang verschiedene Darbietungen geniessen; die Bahnfahrt im
Regionalzug ist jeweils im «Pisten-Abo» inbegriffen – und unterwegs im Zug sorgen erst noch Kulturschaffende für kurzweilige Momente.


Mit Kultur zwischen deutsch- und französischsprachigem Wallis Brücken schlagen und damit den Austausch fördern –
dies ist eines der Ziele, welches das «Oh! Festival» anpeilt. Zum andern will man Kulturschaffenden sowie Veranstaltern eine umfassende Plattform bieten. Der Anlass «kultiviert das Beste aus der Region und ist zugleich offen für qualitativ hochstehende Entdeckungen aus anderenGegenden», heisst es bei den Organisatoren.

[...]

Sechs Anlässeim Zeughaus Kultur
Im Zeughaus Kultur starten die «Oh!»-Anlässe am Donnerstag um 19.00 Uhr mit dem Auftritt des Künstlerkollektivs «Klangbox»: «TilT: can we start again?» lautet der Titel ihrer Darbietung, in welcher Performance, Installation, Musik und
Theater verschmelzen. Weiter geht es dort am Freitag um 10.45 Uhr mit der «Cie Nicolas Turicchia», angekündigt ist mit «Dans’humance» eine «dynamische Konferenz in Worten, Bildern und Tanz».


Wie fünf Schriftsteller den Charakter der Walliser Rebsorten in Worte kleiden, ist an einer «literarischen und thea-tralischen
Degustation» mit der «Cie Mladha» um 12.30 Uhr zu erleben. Vorgängig – Beginn ist um 11.45 Uhr – findet im Foyer von Zeughaus Kultur ein Podiumsgespräch unter dem Titel «Die Diffusion der darstellenden Kunst im regionalen Gefüge» statt. Jean-Pierre Pralong, Direktor von Kultur Wallis, moderiert das
Gespräch mit Kunstschaffenden und Verantwortlichen von Kulturinstitutionen.

[...]

Kultur

Walliser Bote - 14.01.2019

«Bouche à oreille», une expérience œnolittéraire qui ravit les visiteurs du Salon du livre. A voir et boire sur le stand du Valais

«Bouche à Oreille» est un projet inédit, imaginé et porté par Marie Linder, spécialiste en vins, et Mathieu Bessero-Belti, metteur en scène. Cinq auteurs ont mis leur imagination en effervescence afin de raconter la personnalité de plusieurs cépages emblématiques du Valais. Le projet s’adapte aux lieux de la performance: au Salon du livre à Genève, où le Valais est hôtel d’honneur cette année, vins et littératures sont deux mondes qui se marient bien.

Canal 9 - 26.04.2018

Valais en bref - L’image
Mathieu Bessero-Belti recroquevillé sur un lit d’appoint, au coeur d’une maison délabrée. Le comédien et metteur en scène fulliérain dirige un tournage autour de l’oeuvre du poète de Fully Vital Bender. Au centre d’une installation sonore, les trois courts métrages - avec notamment Gaël Métroz à la caméra, Julien Pouget à la bande-son et la danseuse Laure Dupont - seront visibles du 16 au 21 mars au Printemps de la poésie à Martigny et du 22 au 25 mars au Théâtre du Crochetan à Monthey.

Nouvelliste - 17.01.2018

41 minutes de vibration

«Vital avait une écriture universelle, il avait tout lu, beaucoup vécu, et ses mots sont remplis d’amour, celui d’un homme pour un monde dont il se sentait incompris…» Pour Mathieu Bessero-Belti, le nom de Vital Bender est en soi porteur d’un trouble. Vital était de ces hommes qui ne laissent pas indifférent. Tout en lui était extraordinaire. Son talent de poète et d’écrivain – il reçoit en 1995 le Prix d’encouragement de l’Etat du Valais – mais aussi sa propension à faire la fête et à s’évader de ce monde où il peinait à trouver sa place. Et enfin la façon dont il a choisi de s’en aller. Jérôme Meizoz écrira de ce 22 novembre 2002, dans son texte «Rimbaud à vélomoteur»: «Il longe la voie, le fuseau de métal allumé par la lune basse. Les rails, les lignes tranchantes tracées sur le pays. La grande guillotine posée, comme inoffensive, dans les vergers, les prairies. Le moulin à silence. Il pose doucement sa tête sur l’acier froid, il se confie. Il écoute vibrer le monde qui se refuse à lui.»

Danse, objet, lecture…

«Vital est parti à 41 ans, notre spectacle fait quarante et une minutes, exactement la longueur de notre bande-son, explique Mathieu. Nous sommes trois sur scène, et chacun d’entre nous a choisi quelques poèmes qu’il interprète à sa manière: Laure Dupont dans le registre de la danse, Ledwina Costantini du théâtre de l’objet, et moi de la lecture.» Au total, le public découvrira une quinzaine de textes d’une inspiration fulgurante, d’un élan littéraire rare, pour un spectacle vibrant et innovant. Un travail que la Compagnie Mladha, qui emmène cette aventure, explore depuis deux ans au Crochetan, où elle est en résidence pour une année encore grâce au soutien du canton.

Tout lu et vu sur Vital

«Nous avons écouté et lu tout ce qui existait sur Vital Bender, et nous avons rencontré plusieurs personnes qui l’ont connu de près, en particulier le sociologue Gabriel Bender, détaille Mathieu. La première année, nous avons travaillé sur «Elan fatal», cette année sur «Elan vital», et l’an prochain sur «Elan final». Nous sommes donc encore en création sur ce spectacle. Le public a ainsi l’occasion d’entrer au cœur de notre processus, de voir les entrailles de notre création, de comprendre ce qui nous anime et nous inspire.»

MAG

La Gazette - 14.04.2017

Une aventure initiatique
Adapter une pièce d’Antonin Artaud ouvre forcément sur une multitude d’interprétations possibles, tant les textes de l’auteur peuvent paraître, de prime abord, hermétiques. En montant «Pour en finir avec le jugement de Dieu», la compagnie Mladha propose un spectacle aux formes multiples, pas uniquement centré sur le texte, mais aussi avec de la musique et de la danse.


Cette pièce radiophonique, créée en 1947, un an avant la mort d’Artaud, se transforme dès ce soir à Malévoz, en une promenade artistique. Par groupes de trente, les spectateurs sont invités à déambuler dans le parc de l’hôpital de Malévoz, avec des arrêts marquant les chapitres du texte.
 

René-Claude Emery, concepteur et metteur en scène du spectacle, parle d’un parcours initiatique. «Le public fait la démarche de descendre au fond de lui-même. Il sera très
impliqué dans le spectacle.»

 

Un voyage accessible
Dans le parc de Malévoz, le spectacle se déplacera de haut en bas. Une manière de matérialiser la recherche d’Artaud sur la
fécalité, selon René-Claude Emery: «Pour l’auteur, le mental n’est pas en accord avec le corps. En partant de la tête et en descendant vers le corps, nous allons voir ce que nous
pouvons y trouver. Peut-être une paix qu’Artaud, lui, n’a pas trouvée.»


L’auteur a passé des années en asile psychiatrique. Du coup, le lieu, Malévoz, résonne de manière particulière pour y jouer
cette pièce. A la base, l’oeuvre radiophonique parle beaucoup d’Artaud - «Mais il parlait presque toujours de lui-même», rappelle le metteur en scène. René-Claude Emery assure que si les textes poétiques de l’auteur sont parfois difficiles à cerner, le spectacle présenté à Monthey s’adresse à un large public. «Il n’y a qu’une demi-heure de texte sur l’heure que dure la pièce. C’est un univers à traverser, un joli voyage tout à fait accessible.»


Pour cette pièce, René-Claude Emery livre son interprétation du texte d’Artaud, n’hésitant pas à proposer des éléments qui ne figurent pas dans l’oeuvre. Comme cet apport sur le plan visuel, avec la reproduction grandeur nature de deux fresques de Bosch et de Bruegel sur les sept péchés capitaux. «J’ai
voulu intégrer à la pièce cette notion de péchés capitaux, puisque l’on parle du jugement de Dieu.»

 

Soutenu par ThéâtrePro, le projet implique 29 personnes. «Evidemment, nous aimerions le faire tourner hors du canton par la suite. Il nous faudra l’adapter pour la scène. Ce qui est tout à fait réalisable.» En attendant, le voyage débute ce soir dans le parc de Malévoz, avec la compagnie Mladha, toujours
attirée par les univers qui sortent des sentiers battus.


UN DÉFI MUSICAL
Il sera sur scène en tant que musicien, aux côtés de Roméo Bonvin. Lionel Gaillard, habitué aux scènes rock avec son groupe Monoski, se produira dans le spectacle présenté à Malévoz. «René-Claude Emery voulait quelque chose d’assez expressif, qui se rapproche de ce que je fais dans le rock. Mais je ne voulais pas jouer mes morceaux, être un bruiteur ou un musicien pour le cinéma muet. Le défi, pour moi, c’était d’arriver sans guitare. Ce qui apporterait plus de fraîcheur et de liberté.»


Le musicien jouera donc avec une batterie et un vieil orgue. «Je me suis basé sur le texte, et il y a aussi beaucoup d’improvisation.» Pour Lionel Gaillard, jouer dans une pièce
est enrichissant. «C’est une expérience humaine intéressante, qui a nécessité beaucoup de préparation.»

Joël Jenzer

Nouvelliste - 09.09.2015

Dialogue autour d'une union

entre vieillesse et jeunesse
Tenna, une jeune fille de 17 ans, et Isonzo, un très vieil homme au bord du tombeau, sont tous deux aveugles. Ils viennent de se marier. Pour le vieillard, il s'agit de ses douzièmes noces. Leur union, renforcée par leur cécité, est mise en jeu dans un dialogue saccadé, plein de poésie brutale et d'érotisme. Ainsi va la trame de «La douzième bataille d'Isonzo», pièce présentée dès ce soir, en création, au
Petithéâtre à Sion, jusqu'au 29 septembre.

 

C'est la Compagnie Mladha qui propose cette pièce signée Howard Barker. Avec, sur scène, Élima Héritier et René-Claude Emery.
Le metteur en scène Mathieu Bessero-Belti parle de son coup de coeur pour cette oeuvre: «Howard Barker joue avec une langue à la fois crue, cruelle et pleine de poésie. En mettant en scène ces deux amoureux improbables, il nous parle de la
séduction, de la jeunesse et de la mort, du sexe, de l'amour et de la peur. La vieillesse arrogante, mais dépendante. La jeunesse provocante, mais fragile. Nos attentes, nos rêves, nos vices et nos fêlures sont dépeints en clair-obscur. C'est une tragédie aux accents baroques, illustrant nos vies douces-amères avec complexité et sans ménagement.»

Magazine culture

Nouvelliste - 19.09.2013

DENSE ET CRUEL

Cette «Veilleuse» recèle quelques bonnes surprises. BlandineCostaz, également comédienne, signe un premier beau texte,riche et complexe, grave à défaut d'être drôle. Les relationshommes femmes y sont décortiquées, sans toujours éviter lesponcifs. Toute cette cruauté exposée vaut aussi par l'interprétation de Blandine Costaz, intense, et de René-ClaudeEmery, comédien multi-facettes. La mise en scène enfin utilise intelligemment l'espace de cet ancien atelier à Malévoz. Dépouillée, suggestive, elle souligne sans lourdeur le propos. Déjà suffisamment dense par ailleurs.

Véronique Ribordy

Nouvelliste - 06.06.2012

Le metteur en scène de la jeune compagnie suisse Mladha, Mathieu Bessero-Belti, sert ici avec infiniment de finesse le texte circulaire de Fabrice Melquiot, peuplé de belles images, qui raconte une solitude ordinaire, le manque d’amour d’un homme dont l’immobilité contraste avec cet endroit en mouvement perpétuel. Le personnage est touchant dans son désespoir et la façon dont il s’évade pour quelques heures dans un lieu particulièrement anonyme, où son isolement parait encore plus grand. A mi-voix, masqué dans une cagoule couleur mur qui lui fait une seconde peau, le comédien Vincent Rime est éblouissant de sensibilité dans un monologue-déclaration à qui il donne une profondeur incroyable. On devrait vite entendre parler à nouveau de cette troupe talentueuse.

Nicolas Amstam

Froggy delight - 11.10.2009

La vie rêvée d’un homme

Critique de «C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure»,

monologue de Fabrice Melquiot

mis en scène par Mathieu Bessero-Belti

Dans les aéroports, il n’y a pas que des voyageurs qui attendent leur départ avec excitation et anxiété. Il y a aussi des individus sans amarres, dérivant en quête d’une femme à aimer ou d’un homme à qui pirater une identité. C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure, monologue de Fabrice Melquiot qui prête une parole à l’un de ces faussaires qui se fixe sur deux passagers et leur invente une vie à deux, une éternelle amitié…

 

Et Mathieu Bessero-Belti, jeune metteur en scène valaisan, lui donne un visage. En fait un masque. Porté par le comédien Vincent Rime, dont le jeu naïf, presque maladroit, renforce l’humanité de cet être qui reste à quai.

«En te voyant j’ai pensé à une pie parce que tu me volais ces petits bouts de chair et tu transformais les regrets à venir en secondes dorées. Tu as nettoyé mon squelette en une seconde.» A la fois imagée et directe, la langue du Français Fabrice Melquiot plaît aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Elle voyage en solitaire souvent, dans des monologues inventifs, faussement naïfs, poignants.

Ici, un fantôme d’aéroport. Qui, le samedi, erre dans le terminal de Madrid, après avoir hanté, le reste de la semaine, les places et les parcs publics de la capitale espagnole. Barajas, le samedi, Le Retiro le dimanche, le lundi à Chuecas, etc. Un rituel bien rodé pour un rôdeur au grand cœur. Car tous ses élans sont bienveillants. A l’aéroport, une fille à frange «qui fait pousser les hommes et les loups dans les garçons» s’assied sur le banc sans le faire grincer, et l’âme de ce voyageur immobile chavire. Plus tard, une valise rouge et son contenu – des lettres, des cailloux –, deviendront sa vie pour quelques instants volés.

Cette parole délicate, sincère, appelle un traitement démuni, osant la simplicité. Exactement ce que Mathieu Bessero-Belti demande à Vincent Rime. Et pourtant, en allant à la Maison de quartier de la Jonction, à Genève où ce spectacle se donnait avant Sion, on avait des craintes. On savait le comédien masqué et cet artifice ne semblait pas convenir à la parole sans fard de Melquiot. Faux.

La drôle de cagoule en tissu métallisé avec cheveux, barbe et sourcils de Gilles Brot, masque qui dégage le nez, la bouche, les yeux et les oreilles, rend le personnage immédiatement sympathique – à l’inverse de ces masques neutres qui glacent le sang. Mais cette deuxième peau permet aussi à la situation de conserver son étrangeté. Cet individu perdu, on le reconnaît sans le connaître. Il flotte en chacun de nous, entre un terminal de pacotille et un avion en papier.

Marie-Pierre Genecand

Le Temps - 08.04.2009

Identité en exil
En passe d’achever sa résidence de trois ans au Théâtre du Crochetan à Monthey, la compagnie Mladha présente dès ce mardi et jusqu’au 26 mai sa dernière création «Je disparais» à la salle du Mésoscaphe. Ecrite en 2011 par le dramaturge et romancier norvégien Arne Lygre, cette pièce embrasse les thématiques de la rupture, de l’abandon et du déracinement.

 

Comment trouver son chemin  au milieu des décombres? Comment atténuer la douleur du déchirement? Comment rebondir quand tout se dérobe? Autant d’interrogations taraudantes que relaie la compagnie dirigée par Mathieu Bessero-Belti qui signe aussi la mise en scène. Portée par une écriture ramassée et elliptique rappelant la prose durassienne,
 

«Je disparais» a une résonance très actuelle, faisant écho au drame de la migration. Avec une question de fond: et si moi je devais partir? Soucieuse de mettre en lumière des écrivains moins connus et avide d’expérimenter de nouvelles formes
théâtrales, la compagnie valaisanne rend ici un vibrant hommage à la création contemporaine. Sur scène, les comédiennes Fanny Pelichet et Laure Wolf (en photo),
entourées d’Elima Héritier et de René-Claude Emery, donnent vie à ce projet qui s’ingénie à faire bouger les repères spatiotemporels, instillant une bonne dose d’étrangeté dans la
normalité du quotidien.

Magazine culture

Nouvelliste - 15.05.2018

Films, performances théâtrales, musicales, démonstrations... Un riche programme d’animations

Dans cette optique de montrer un Valais culturel foisonnant, fourmillant de projets et d’idées neuves, Culture Valais a concocté un programme d’animations qui devrait amener beaucoup de vie dans les travées de Palexpo. Il y aura donc des films. «Nous diffuserons bien sûr «Ma vie de Courgette» en marge de l’exposition de la Fondation Fellini pour le cinéma (cf. ci-contre). Mais aussi des documents sur des auteur(e)s valaisans, Corinna Bille, Raymond Farquet ou Pierrette Micheloud», explique Jean-Pierre Pralong. Autre – et étonnante – incursion d’un autre champ que celui de la littérature dans le dispositif, les performances «Bouche-à-oreille», soit des dégustations de vins a priori normales, qui glissent vers le théâtre grâce au talent de la Cie Mladha. Enfin, lors de la nocturne du vendredi 27 avril, des concerts mettront en lumière le groupe Walliser Seema, qui a fait de l’ancrage valaisan et du multiculturalisme et bilinguisme ses concepts clés. Egalement annoncé au salon, le chanteur Marc Aymon.

La journée officielle

Ce mercredi 25 avril, le Valais de la culture et des institutions prend le train en début d’après-midi en direction de Genève pour la journée officielle dévolue à l’hôte d’honneur – le Valais – au Salon du livre. Lectures d’auteurs dans les wagons, parmi les gens, convivialité et décontraction... Le ton général de la présence valaisanne à Genève sera ainsi donné avant que ne soit inauguré sur le coup des 18 heures le stand du Valais.

«Le Nouvelliste» sera du voyage et fera vivre à ses lecteurs ce déplacement ainsi que les prémices de cette édition 2018 qui représente une grande chance pour le canton de montrer l’étendue de son effervescence culturelle et sociale.

Avant cette partie officielle, le stand du Valais sera déjà accessible et animé dès l’ouverture à 9 h 30. Au programme, un petit-déjeuner avec l’auteure Christine Pompéi, des interventions de la Cie Mladha, la diffusion de films et trois tables rondes.

Nouvelliste - 25.04.2018

LES RITES ONT-ILS ENCORE UN SENS

DE NOS JOURS?
Le «Dahü» va faire son entrée au Centre culturel de Malévoz dès vendredi. Pour monter ce spectacle fort original, deux
compagnies se sont associées: les Tessinois d’Opera RetablO et les Valaisans de Mladha.


«Dahü» tourne autour du thème du rite. Le spectacle, conçu par Mathieu Bessero-Belti et Ledwina Costantini, explore la nécessité qu’a l’être humain d’incarner, de ritualiser et d’exorciser les moments clés de la vie. Naissance, puberté, fiançailles, mariage, veillissement, mort et le fil des saisons sont tous des moments de transition importants pour lesquels,  jadis, la communauté avait des rites de passage célébrés au travers de cérémonies et de déguisements. Avons-nous encore besoin de ces rites? Des éléments de réponses à Malévoz, avant que «Dahü» aille faire un tour au Tessin.

Joël Jenzer

Nouvelliste - 28.09.2017

Le théâtre du mot et des mouvements

COMPAGNIE MLADHA Créée en 2006, la compagnie valaisanne explore la langue contemporaine et le monde de l’intime dans une expression minimaliste. Un parcours artistique axé sur la sensibilité.

 

L’aventure a débuté il y a tout juste 10 ans. Trois amis – Mathieu Bessero-Belti, René-Claude Emery et Gilles Brot – liés par l’amour du théâtre décident de monter une compagnie. «Nous faisions un stage d’aïkido et de danse en Tchéquie, et nous avons eu envie de créer notre propre théâtre et d’explorer ensemble la scène, le jeu, les écritures contemporaines», se souvient Mathieu Bessero-Belti. Cette exploration d’univers évoquant souvent la solitude ou le désarroi passe aussi par le corps, sa présence et son étrangeté. Et notamment par le masque, discipline qui les réunit.

 

Complexe mais lisible

Cette aventure théâtrale débute en 2007 à la belle Usine à Fully, avec «Yes, peut-être», de Marguerite Duras. «Nous nous penchons sur des écritures dramatiques nouvelles, qui englobent une certaine complexité et nous nous demandons comment les rendre lisibles», note Mathieu Bessero-Belti. «Et en même temps comment les exprimer à la fois par les mots et par le corps.» Le tout, dans un style minimaliste, dans le but de toucher à l’essentiel, toujours, et de permettre au public de se créer sa propre compréhension du texte. «Nous voulons aborder des écritures poétiques, mais sans que cela soit hermétique. C’est une démarche intuitive, sensible, quelque chose de l’ordre de la sensualité.»

 

En dix ans d’existence, la compagnie Mladha s’est fondue dans l’univers d’auteurs divers. Outre Duras, il y a eu «Fabrice Melquiot – «C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure» (2009) –, Bastien Fournier – «Sur un pont par grand vent» (2010) – ou encore Antonin Artaud – «Pour en finir avec le jugement de Dieu» (2015). La compagnie a produit onze spectacles au total, dont le dernier en date, «Elan Vital», consacré au poète de Fully Vital Bender, a été monté en mars dernier à Monthey, et un recueil de textes inédits du poète a été publié, en collaboration avec les éditions Monographic.

 

Le laboratoire du Crochetan

La compagnie profite de résidences pour mettre sur pied ses créations. Après un séjour au Théâtre Les Halles à Sierre, en 2013-2014, elle bénéficie d’une résidence étalée sur trois ans – à raison de cinq semaines par année – au Théâtre du Crochetan à Monthey. «Cela nous permet d’explorer d’autres pistes, de faire du travail de laboratoire», explique Mathieu Bessero-Belti. Avec le concours de la danseuse et chorégraphe Laure Dupont – désormais habituée de la compagnie – et de Ledwina Costantini, artiste tessinoise, chacun des membres apporte une matière relative à son domaine. «Nous nous sentons bien à Monthey, la collaboration avec le Théâtre du Crochetan et le Quartier culturel de Malévoz est riche et fructueuse.» Quant à l’avenir de la compagnie Mladha, il n’est pas encore clairement tracé. «Nous essayons d’avancer projet par projet. Et ce ne sont pas les beaux textes qui manquent...»

 

«MLADHA» POURQUOI CE NOM?

Le nom de la compagnie, «Mladha», a été défini d’après Mladà Boleslav, une localité en Tchéquie, dans laquelle Mathieu Bessero-Belti, Gilles Brot et René-Claude Emery séjournaient lorsqu’ils ont songé à fonder une compagnie théâtrale.

 

L’ACTU: EN RÉSIDENCE

La compagnie Mladha est en résidence artistique – à raison de plusieurs semaines étalées sur trois ans – au Théâtre du Crochetan à Monthey. En mars dernier, la compagnie a profité de cette occasion pour monter un spectacle autour de textes inédits du poète valaisan disparu Vital Bender. Une performance présentée au Mésoscaphe à Monthey et qui sera repris les 17 et 18 septembre 2016 dans le cadre du festival Hik et Nunk à Monthey.

 

2014 «Swarovski»

Durant une année, la compagnie s’est lancé le défi de monter en deux semaines des textes écrits en deux semaines. La direction du Théâtre Les Halles, coproducteur du projet, leur imposait un lieu différent à chaque fois. Ici aux Caves de Courten à Sierre.

2010 «Sur un pont par grand vent»

Premier spectacle soutenu par ThéâtrePro-Valais. Avec Marianne Défago, Laurence Morisot, Olivia Seigne, René-Claude Emery, Fred Mudry et Vincent Rime sur le plateau.

2009 «C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure»

La pièce de Fabrice Melquiot, interprétée par Vincent Rime, a été jouée une cinquantaine de fois, dont un mois complet à Paris.

 

2007 «Yes, peut-être»

Le premier spectacle de la Compagnie Mladha, présenté à la belle Usine à Fully.

Joël Jenzer

Supplément Culture Nouvelliste - Mai 2016

Le Crochetan s’offre une saison

entre ici et ailleurs
Le théâtre montheysan a concocté un programme 2015-2016 varié, qui alterne créations locales et spectacles en accueil
Le quart de siècle est fêté. Place à la nouvelle saison. Au Crochetan, le directeur, Lorenzo Malaguerra, poursuit sa volonté d’accueillir les créateurs du cru sur l’une ou l’autre
des scènes liées au théâtre montheysan.
Tout au long de la prochaine saison, de nombreux artistes romands ou suisses dévoileront ainsi leurs spectacles sur le
grand plateau ou du côté du Raccot, dans le quartier culturel Malévoz.

[...]
Au rayon théâtre, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier seront sur la grande scène, en mai, avec leur cartoonesque Illusion comique (d’après Corneille). La compagnie valaisanne Mladha se plongera, quant à elle, dans l’univers d’Antonin Artaud avecPour en finir avec le jugement de dieu (9-20 sept.), avant que le metteur en scène Stephan Hort ne déroule Journal, un seul-en-scène intime d’après Fabrice Neaud, en octobre. Au printemps, c’est la compagnie François Marin qui sera de la partie, avec La corneille, l’histoire d’une fille qui voit débarquer sa mère dans sa vie.

Gérald Cordonier

24 heures - 25.08.2015

«Veilleuse», texte de Blandine Costaz, par la compagnie Mladha, explore la mécanique de la confrontation homme-femme.
 

Ce que raconte le rapport intime
«Il est évident dès les premiers échanges entre les deux personnages qu'il s'agit d'un duel et il n'y a, pour moi, pas de
meilleure forme pour exprimer ce duel que le théâtre.»
«Veilleuse», texte étirant ses tensions, ses douleurs voilées et ses lueurs sur deux actes disctincts a été écrit par Blandine Costaz, actrice française qui signe là sa première pièce. Une oeuvre vive, fulgurante, qui s'est comme imposée à elle, dans une évidence limpide. Dans une lucidité presque glaçante. Et à laquelle la compagnie Mladha donnera cher dès ce soir au Petithéâtre de Sion

 

Les enjeux de la relation
L'auteure y décrypte la mécanique du rapport intime s'établissant entre l'homme et la femme au travers de deux moments où les enjeux de la relation humaine se révèlent, la rencontre et la rupture. Qu'il se noue ou se dénoue, le lien s'établit ici dans une lutte de chaque instant. Maintenir sa garde, tenter d'amener l'autre à
rendre les armes, à tomber le masque... «Ce texte m'a profondément touché et aussitôt séduit. Premièrement par la qualité d'une langue qui coule comme une liqueur à la fois
âpre et suave, ou encore par la richesse des images dont usent les protagonistes mais surtout par l'intelligence des échanges»,
déclare, enthousiaste, Mathieu Bessero-Belti, qui signe la mise en scène de la pièce.


«Partie d'échecs»
Le déroulement en deux temps adopte la chronologie voulue par Blandine Costaz dans son texte. Dans le premier face-à-face, le personnage féminin que l'auteure interprète
elle-même sur scène est confronté au chef du personnel d'une grande entreprise, qui négocie l'engagement potentiel d'une candidate. Séduction, pouvoir, emprise... les deux rôles s'affrontent dans une «partie d'échecs» soulignée par une scénographie et une chorégraphie évoquant le jeu stratégique.
Dans la deuxième partie, qui se déroule plusieurs années avant la première, le ton change, se fait plus lourd, intérieur. Elle
dépeint une séparation difficile entre deux êtres qui s'aiment encore, se blessent, se laissent...


Temporalité inversée
Cette temporalité inversée permet d'abord de soulever des questions quant aux réactions des personnages. Puis apporte des éléments de réponse, des pistes. Sans imposer de vision figée du rapport homme-femme. «Il me semblait primordial de laisser des portes ouvertes au spectateur. Ce qui nous intéresse, c'est la discussion que l'objet théâtral suscitera entre ceux qui l'auront vu...» commente le metteur en scène.

 

Un comédien, deux rôles
Autre particularité de la pièce, les deux rôles masculins sont volontairement incarnés par le même comédien, René-Claude Emery. «C'est un challenge passionnant pour un comédien.
Nous avons fait en sorte de distinguer les deux rôles par des dynamiques de jeu très différentes. Mais il était très intéressant
d'explorer cette dualité au travers d'un même acteur. La blessure du personnage féminin suscite en lui une méfiance envers les hommes, qui tous pourront représenter pour elle celui qui l'a quittée...»

 

Echo d'une universalité
En partant d'une universalité absolue, «Veilleuse» suscite chez le spectateur un écho, le renvoie à son propre vécu. De même
que l'héroïne entre dans une nouvelle relation avec ses fêlures et ses plaies secrètes, le public recevra ces mots «parfois très
lumineux, parfois très blessants» avec son propre bagage émotionnel.


«Veilleuse»... Derrière le titre de cette pièce qui va plutôt chercher sa matière dans la douleur, ce titre résonne comme un murmure d'espérance. Pour Mathieu Bessero-Belti, il évoque «cette petite flamme qui nous pousse à avancer, qui nous indique qu'il y a encore du gaz pour alimenter notre force intérieure. Un souffle qui, même quand on ne le distingue que faiblement, nous permet de vivre nos vies.»

Jean-François Albelda

Nouvelliste - 25.04.2013

Un vent de tragédie
«Sur un pont par grand vent», de Bastien Fournier, prend son envol aux Halles à Sierre ce soir. Un moment intense.

Sur la scène, un décor de cartons. Dans ces boîtes, quatre personnes dont les destins se croisent autour d'un meurtre vieux de vingt-cinq ans. A l'époque, une jeune maman avait
été tuée sous les yeux de son nouveau-né, dans une maison de soeurs hospitalières. Des années plus tard, ce bébé - devenu une jeune femme épanouie (Marianne Défago) - cherche à connaître la vérité sur la disparition de sa mère.

 

Se faisant passer pour une journaliste, la jeune femme interroge ainsi tour à tour les quatre personnes, comme l'inspecteur qui avait mené l'enquête (Fred Mudry), une soeur
hospitalière présente lors du crime (Laurence Morisot) ou encore la meurtrière elle-même (Olivia Seigne). «C'est comme si cette jeune fille fouillait les vieux souvenirs de famille au
grenier. C'est pour cela que j'ai imaginé un décor de cartons», explique Mathieu Bessero-Belti, le metteur en scène.


De plus, cette scénographie permet au spectateur de passer d'un lieu à l'autre sans problème. «Les textes se disent parfois sur un pont, dans un appartement ou dans un jardin, c'était important de trouver un lieu unique pour faire exister tous ces univers», ajoute le metteur en scène.


Le texte au centre
Les quatre personnes, coincées dans leurs cartons, portent toutes des masques. L'histoire de «Sur un pont par grand vent», écrite par Bastien Fournier, prend ainsi encore plus d'ampleur. Chaque mot résonne avec force dans ce drame que le spectateur cerne peu à peu. Car tout est suggéré. Les monologues des personnages s'entrecoupent et permettent au public d'assembler les pièces du puzzle au fil de la pièce. «Le texte a cette magie de nous amener des images. Il n'y a pas beaucoup d'action. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi une mise en scène statique, mettant le texte en valeur. C'est de
l'écoute active», explique Mathieu Bessero-Belti. Ainsi lorsque la meurtrière (Olivia Seigne) raconte la scène du crime, sans bouger, simplement en haussant la voix, le
spectateur est pris par les émotions. «Pour moi, ce personnage a tué cette femme pour voler son enfant, mais aussi pour voler en quelque sorte sa belle vie, son bonheur maternel, son bonheur amoureux», souligne Olivia Seigne.


Comme un polar
La musique, composée par Julien Pouget, donne aux scènes un intéressant côté polar. «Elle colle parfaitement aux images proposées», remarque Mathieu Bessero avec raison. Une manière aussi de mettre en évidence la tragédie que les personnages revivent tous. Tragédie. C'était bien la motivation de l'auteur Bastien Fournier lorsqu'il a commencé à écrire cette pièce. «Je voulais faire quelque chose autour de la violence, mais la violence vécue au quotidien. J'ai cherché comment faire une tragédie aujourd'hui. Puis, tout s'est enchaîné», explique Bastien Fournier, ému de voir son texte interprété par des comédiens. «C'est un moment particulier de voir mes mots dans leur bouche.» Et un moment intense pour le spectateur.


CRITIQUE
«Sur un pont par grand vent» est encore une de ces pièces qui giflent le spectateur. Elle commence tout doucement, l'air de rien. Puis, les mots de Bastien Fournier, dits avec clarté par les comédiens, prennent une tournure crue. Ils claquent avec violence. Des mots qui, au fil des monologues, racontent un crime vieux de vingt-cinq ans. Des mots pour crier les maux de ces personnages qui ont tous souffert de cet assassinat.

 

L'émotion atteint son paroxysme lorsque la meurtrière - interprétée par Olivia Seigne - décrit et revit la scène du crime. Frissons dans l'assistance. La comédienne est parfaite dans ce rôle. Sa voix, profonde et troublante, donne vie aux images du drame. D'ailleurs, toute la distribution est bien choisie. Aucune
fausse note dans l'interprétation des personnages. Fred Mudry, qui joue l'inspecteur, est plus que crédible. Il capte l'auditoire en une fraction de seconde. Idem pour René-Claude Emery, qui joue un aventurier blasé, ou pour Laurence Morisot, plus vraie que nature en soeur hospitalière. Le jeu des comédiens est si juste que le spectateur en oublie les masques collés sur
leur visage. Et le texte prend toute son ampleur. Une pièce qui explore l'âme humaine.

Christine Savioz

Nouvelliste - 06.06.2012

Cette résonance nous rappelle, à la manière de Stig Dagerman, entre autres, et très justement, que notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Alors, cet égarement prend une couleur universelle. Et ce, grâce à l’idée particulièrement intéressante, ici, d’un masque. Oui, l’homme qui se dévoile à nous est un homme masqué! Etrangement, ce masque élargit le sujet et, ainsi, l’homme sans visage pourrait se révéler être l’un d’entre nous, au-delà des âges, des sexes et des couleurs de peau.

Néanmoins, ce masque serait beaucoup plus expressif si l’acteur jouait loin de nous. Comme quand on recule devant un tableau impressionniste pour mieux «voir». En outre, j’aurais tant apprécié plus de profondeur, de largeur, autant d’espace vaste et vacant qu’offrirait un véritable aéroport au propos… Mais nous sommes à Paris dans un petit espace. Et, malgré cela, la perdition de cet homme a trouvé un bel écho, simple et discret, tout comme la plume délicate d’un auteur, que la Compagnie Mladha a servi avec honnêteté. Manque un peu de folie, peut-être.

Angèle Lemort

Les Trois Coups - 30.09.2009

Six comédiens dans le vent
«Sur un pont par grand vent» est le titre de la nouvelle pièce de Bastien Fournier. Avant que l'histoire prenne vie aux Halles en 2010, l'équipe du projet théâtral (la compagnie Mladha) propose une lecture du texte, samedi aux Caves à Charles.

 

Trois comédiennes et trois comédiens - Rebecca Bonvin, Anne Salamin, Anne Vouilloz, René-Claude Emery, Frédéric Lugon
et Vincent Rime - livreront le texte, sous la direction de Mathieu Bessero. Ils seront accompagnés des musiciens Julien Pouget et Olivier Chanson. La pièce met en scène six personnages dont les destins se croisent; une jeune femme cherche à connaître les zones d'ombre de son passé. Une histoire sur fond de meurtre, avec ambiance brumeuse,
tragédie et suspense...

Joël Jenzer

Nouvelliste - 18.12.2008

L’exil scruté sous toutes ses coutures, entre exutoire et déchirure

Au Crochetan, la pièce «Je disparais» conte le départ en hâte de deux femmes arrachées à leur foyer. Mais est-il plus difficile de partir ou de rester?

Deux femmes quittent en hâte leur foyer. Guerre civile? Catastrophe naturelle? Dictature? On ne saura pas pourquoi «Moi» et «Mon amie» se lancent sur les routes. Peu importe. Dans «Je disparais», le dramaturge norvégien Arne Lygre sonde l’exil, ses répercussions tragiques ou salvatrices, les états d’âme qu’il engendre. La compagnie valaisanne Mladha s’empare de ce texte simple et troublant au Théâtre du Crochetan, à Monthey, de jeudi à samedi. «J’ai découvert ce texte il y a cinq ou six ans et ce qui m’a touché, c’est l’humanité, la fragilité et l’universalité du propos», confie Mathieu Bessero-Belti, metteur en scène.

À mille lieues de chez elles, «Moi» et «Mon amie» attendent que «Mon mari» et «La fille de mon amie» les rejoignent. Le mari ne viendra jamais. Car, au final, est-il plus difficile de quitter son pays que d’y rester? «Cette pièce parle des déchirures, des ruptures et des deuils que l’on traverse en tant qu’êtres humains, raconte Mathieu Bessero-Belti. Mais il est aussi question de la manière dont on se reconstruit après un drame.» Arne Lygre ne donne pas de leçon toute faite mais explore les notions de séparation, de déchirement et de déracinement. Entre présence et absence. Entre le «moi» et l’autre. Entre la culpabilité et l’oubli. Comment tracer son chemin au milieu du chaos? «L’un des thèmes forts de cette pièce est celui de la compassion. Avec cette question sous-jacente: peut-on vraiment comprendre les autres?»

Natacha Rossel

24 heures - 15.05.2018

Sortir / Culture
Poésie et vieillerie, une fausse rime CELLULES POÉTIQUES Le festival sis à Martigny dépoussière une discipline qui a le pouvoir de toucher chacun de nous.


Non, la poésie n’est pas dépassée. Mieux: elle peut jaillir de partout et toucher tout le monde. Entre dynamisme, alternatif et délicatesse, le festival Cellules poétiques veut montrer que cette famille de la littérature est peut-être bien plus quotidienne et proche de l’humain que ce que l’on pourrait parfois penser.


Inscrite au coeur de l’événement romand Le printemps de la poésie, la première édition de la manifestation se déroule dès aujourd’hui et jusqu’au 21 mars dans plusieurs lieux de Martigny et à Fully. Au travers de lectures, danse, musique, expositions et expériences sensorielles notamment, le festival se veut englobant et frais. Co-organisatrice de Cellules poétiques avec Xavier Pitteloud, Carine Antonio présente: «Nous souhaitons tant ouvrir ce monde au plus grand nombre
que lui offrir des moments intimistes.» Des bulles poétiques, il y en aura plein et de toutes formes.

S’ils organisent l’événement avec coeur, Xavier Pitteloud et Carine Antonio prônent une totale horizontalité avec les artistes et le public.


SAMEDI 17 MARS

Déguster du vin et des mots
Déguster un bon vin, écouter des textes: vous l’avez déjà fait. Mais avez-vous déjà tenté l’inverse? C’est ce que propose «Bouche à oreille», expérience oenolittéraire portée par le metteur en scène Mathieu Bessero-Belti et la spécialiste en vins Marie Linder. «Cinq auteurs ont écrit des textes sur cinq cépages», livre la co-organistrice de Cellules poétiques, Carine Antonio. Les écrits seront présentés au public dans une interprétation clownesque qui fait vivre la dégustation
autrement.» Alors, vous prendrez bien un verre et quelques lettres? A 11 h à la Grange à Emile (Martigny-Bourg). [...]

Agathe Seppey

Nouvelliste - 16.03.2018

Lunedì aprirà Territori, festival di teatro in spazi urbani a Bellinzona. Incontro con Ledwina Costantini

Morte e rinascita nel rito

Con «Dahü» l’attrice e regista ticinese porta in scena il valore del rito, oggi, in quanto ‘spazio di sospensione del tempo, di dilatazione, dove passato e futuro si toccano’

 

 

Il tempo stringe, la quinta edizione di Territori sta per iniziare, ne respiriamo l’odore e ne ascoltiamo i rumori facendo un’incursione all’atelier di Nando Snozzi, dove per diversi giorni Ledwina Costantini e Caterina Foletti hanno creato i costumi per ‘Dahü – Studio’. Lo studio nasce e si sviluppa dalla collaborazione di Ledwina Costantini (Opera retablO) e Mathieu Bessero-Belti (della vallesana Compagnie Mladha). Partecipano alla performance i due creatori con Raissa Avilés, Lisa Monn e Daniele Bernardi. Ma torniamo in atelier, dove abbiamo curiosato fra volti, tessuti, rami secchi, sacchi di juta, campanelli e ci siamo intrattenuti con Ledwina, che ci ha raccontato il progetto e ci ha mostrato, con l’aiuto di Daniele, i costumi impressionanti del Peluche, Uomo impagliato (Les empaillés)  e una sorta di spaventapasseri Schö-Wüeschte, ispirati a maschere svizzere tradizionali; da oggi, allestiti nella vetrina della libreria Casagrande a Bellinzona.

 

‘Dahü’ è una ricerca che scava nelle tradizioni pagane svizzere, fatte di maschere e rituali, che in un’epoca nemmeno troppo lontana scandivano la vita delle persone e ne segnavano il percorso esistenziale. «Da tempo avevo la curiosità di avviare questa indagine». La scintilla l’ha accesa Mathieu con uno scherzo: «Una volta, ha iniziato a raccontarmi della figura di Dahü (maschera zoomorfa delle aree montane europee). Me l’ha raccontata talmente bene che alla fine dubitavo della sua esistenza; alla fine credevo esistesse…», dice ridendo.

 

La ricerca, lo s’intuisce, è stata corposa, intensa e ha messo il naso in antropologia, storia, sociologia, partecipando anche ad alcuni rituali, come il carnevale di Evolène (Vallese), intrattenendosi con Giovanna Ceccarelli (Centro di dialettologia) o con il sociologo Gabriel Bender. «Il rito è uno spazio di sospensione del tempo, di dilatazione, dove passato e futuro si toccano, dove l’ordine delle cose viene capovolto, la luce convive con l’ombra, la morte con la rinascita, indispensabili alla creazione di un ordine e un essere nuovi». Un’immersione per cercare di comprendere riti e ritualità fatti di maschere, gesti e rumori, il loro posto nella società del passato e in quella contemporanea: «Oggi, ci troviamo in un’epoca paradossale, positiva e negativa insieme, dove i riti non esistono quasi più e spesso sono solo una rappresentazione svuotata di senso. Viviamo un’epoca di possibilità, democratizzazione dei ruoli e livellamento della società. Le domande che mi sono posta all’inizio: come sono vissuti oggi i momenti di transizione della vita? L’essere umano contemporaneo che valore attribuisce alle fasi di sviluppo individuale e collettivo? Abbiamo ancora bisogno del rito oggi?».

 

E ‘Dahü’? «Sarà la messa in scena, straniante e grottesca, di un rituale notturno di morte e rinascita, cui il pubblico partecipa accompagnato dalle maschere». È basato sulla drammaturgia scaturita dalla penna di Ledwina, che ha cercato di dare «un taglio onirico, poetico», cristallizzando tutta la ricerca compiuta finora. Le maschere che partecipano alla performance hanno valenza positiva e negativa, questo è tipico dei riti; che codificano le figure cosicché ognuna sia simbolo, ad esempio, del legame col passato e personificazione di morti e demoni; del futuro, della natura. La performance sarà accompagnata da brani di musica microtonale di Giacinto Scelsi: una sorta di continua ouverture perturbante che tiene l’orecchio sospeso e attento, conducendo nel rito.

 

Clara Storti

La Regione - 07.07.2017

LE WEEK-END DE...

MATHIEU BESSERO-BELTI
«J’ai toujours été touché par la fragilité des êtres humains.»

SON FILM
«Les nouveaux sauvages» de Damián Szifrón
«Le dernier film qui m’a fait rire autant qu’il m’a donné la chair de poule c’est «Les nouveaux sauvages» de Damián Szifrón. Ce film à sketchs argentino-espagnol met en scène des femmes et des hommes qui arrivent au point de rupture, qui pètent les plombs et qui sombrent littéralement dans la
furie (folie). J’ai toujours été très touché par la fragilité des êtres humains, par la dureté de la vie et par ces humains qui tentent tant bien que mal de survivre au milieu du chaos, du
stress et des turpitudes de l’existence.»


SON LIVRE
«Des étoiles dans le ciel intérieur»

«Demain avant de naître» de Vital Bender. Recueil de poèmes du poète fulliérain décédé en 2002. Nous venons de passer cinq semaines avec les écrits de Vital et ses mots me hantent encore. Je crois qu’ils me poursuivront jusqu’au bout. J’ai mis longtemps à rentrer pleinement dans cet univers et à présent que j’y ai plongé totalement, je n’arrive plus à en sortir. Ses
poèmes sont comme autant d’étoiles qui illuminent mon espace intérieur.

 

SON CD
«La tradition réunionnaise»
J’ai découvert cette année, en me rendant à l’île de la Réunion, un artiste extraordinaire, Danyèl Waro. Chanteur, musicien et poète, il défend la tradition acoustique réunionnaise et il en est le «représentant» reconnu dans toute
l’île. Il chante avec A Filetta, groupe polyphonique corse. Danyèl Waro chante avec ses tripes et fait vibrer les miennes.

 

SON ACTU...
Une saison riche et diversifiée

en Suisse et à l’international»
Dès le 27 avril, il sera interprète (comédien et danseur) dans la prochaine création chorégraphique de Laure Dupont avec la
Compagnie Bertha. Le spectacle s’appelle «Kabarais bâtard» et se jouera à la belle Usine (Fully), au Raccot (Monthey), puis
à la Réunion (France) et à Bonn (Allemagne). Il poursuit en parallèle la résidence de trois
ans dont bénéficie la Compagnie Mladha dont il est un des membres fondateurs.

Nouvelliste - 26.03.2016

À L'AFFICHE - SIERRE
Théâtre version courte. La Cie MLADHA démarre sa résidence au Théâtre Les Halles, intitulée «Solitudes, paillettes et paysages». Le projet: réunir trois fois par année une équipe composée de quatre comédien(ne)s, d'un metteur en scène, d'un scénographe-costumier et d'un créateur lumière.

 

Chaque rendez-vous permet de rencontrer un auteur contemporain différent, à qui la compagnie propose d'écrire un texte d'une vingtaine de minutes. L'auteur a deux semaines pour le faire, puis il participe avec la compagnie à une lecture. René-Claude Emery a écrit «Vice inversé». Mathieu Bessero-Belti (photo) met en scène ces deux courts spectacles, avec Stéphanie Schneider et Elima Héritier.

Magazine culture

Nouvelliste - 20.05.2014

L’hôpital psychiatrique

se fait scène de théâtre
La compagnie Mladha a élu domicile à Malévoz, à Monthey. Elle y présente sa nouvelle pièce dès ce soir «J’avais besoin de renouer avec mes envies profondes, avec
mes folies. » Pour se lancer ce double défi, Mathieu Bessero-Belti a établi ses quartiers dans un décor surprenant: c’est dans l’un des pavillons de l’hôpital psychiatrique de Malévoz que le metteur en scène peaufine depuis un mois sa nouvelle création,Veilleuse.

 

Si cette pièce inédite écrite et interprétée par la Française Blandine Costaz ne traite pas directement de la psychose, ce cadre particulier n’en a pas moins influencé le travail de la compagnie Mladha. «L’hôpital ne possède pas de salle de théâtre; nous avons dû nous adapter aux locaux à disposition»,
relate le metteur en scène. Résultat: un public qui devra se déplacer durant la pièce et un décor spartiate et minimaliste qui sied parfaitement à cette pièce pour deux acteurs évoquant à la fois la rupture et la séduction. «En plus, Malévoz est un lieu incroyable: calme et très inspirant. » Ce qui a poussé la
troupe valaisanne à se tourner vers cet hôpital? Une rencontre avec son chef socioculturel, Gabriel Bender, et la volonté
affichée par l’institution d’accorder une place à la culture. En novembre, Malévoz avait d’ailleurs accueilli une première exposition de peintures.

 

La troupe y donnera huit représentations, avant de s’envoler vers de nouvelles scènes, toujours atypiques: «Nous jouerons Veilleuse dans un chalet et un jardin et nous sommes
en tractation pour nous produire sur un alpage, détaille Mathieu Bessero-Belti. A chaque nouveau décor, le public vit différemment le texte.»

 

David Genillard

24 heures - 07.06.2012

Conjurer la solitude

Un terminal d'aéroport. Un homme, seul, esseulé. Le hasard d'une rencontre. Une femme qui changera son regard sur le
monde et sur lui-même. Il lui parle, ou peut-être seulement en pensée, pour remplir le vide de son existence, pour simplement échanger. Cet homme, c'est le comédien Vincent Rime qui l'incarnera dimanche à La Gare aux Sorcières, à Moléson. Le Gruérien jouera, masqué, le monologue du dramaturge français Fabrice Melquiot, «C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure». La mise en scène est signée Mathieu Bessero-Belti.

EH

La Liberté - 05.11.2009

Drôle d'endroit pour une rencontre
Qui n'a pas rencontré l'amour dans une rue, dans un train sans avoir osé dire «Je t'aime»? Dans «C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure», c'est ce qui arrive à un homme seul, probablement perdu, dans un aéroport: assis dans une salle d'embarquement, il rencontre une femme, silencieuse, qui va
bouleverser ses pensées.


La pièce, présentée dès ce soir au Petithéâtre après un passage à Genève, propose un monologue - de l'auteur français Fabrice
Melquiot - qui s'adresse à cette femme peut-être imaginaire. Un moment de poésie, une romance rythmée par les décollages et les atterrissages des avions. Une histoire qui se
déroule dans un univers modelé par Gilles Brot, créateur et concepteur de masques. La pièce, interprétée par Vincent Rime, est mise en scène par Mathieu Bessero-Belti, dont c'est ladeuxième création, après «Yes, peut-être», de Marguerite Duras, monté à la belle Usine il y a deux ans, avec la même Compagnie Mladha.

Joël Jenzer

Nouvelliste - 23.04.2009

«Yes, peut-être»

de Mathieu Bessero-Belti tape juste
Nous étions partis peu enthousiastes. Un texte de Marguerite Duras, sur le thème de la guerre atomique qui plus est, ne promettait pas une soirée de franche rigolade. Mauvais réflexe.

 

Ce «Yes peut-être», mis en scène par Mathieu Bessero-Belti, est une excellente surprise. On est restés confondu par l'intelligence dont ce texte, pas facile, est dit et mis en scène. Marianne Défago, d'une justesse étonnante, et Brigitte Martinal Bessero (la mère du metteur en scène) se donnent la réplique. Le comédien René-Claude Emery, le seul à être issu d'une filière professionnelle de théâtre, est le troisième personnage de la
pièce, un protagoniste muet, mais très présent. Sous la direction de Mathieu Bessero-Belti, le texte devient limpide. Le
garçon en fait une lecture fine et, étonnamment, pleine d'humour. Il fait travailler ses comédiens avec des masques de Gilles Brot, dans les décors de Boris Michel. Le spectacle tient
visuellement parfaitement la route. «Yes peut-être» peut déployer la petite musique durassienne: deux femmes perdues
dans un «désert» dévasté par la guerre se rencontrent et amorcent un dialogue. Elles ont perdu la langue et la mémoire,
mais devant nous se reconstitue par bribes le tableau d'une Europe d'après la bombe atomique. La plus âgée traîne avec
elle un soldat aphasique, seul rescapé d'une armée disparue. Ce dernier guerrier sorti d'une «réserve de guerre» est devenu
un objet dont elle veut se débarrasser.

 

Sur ce sujet si lourd, Duras met des mots forts et des mots drôles pour dire la solitude, le besoin d'amour et la vitalité d'une humanité qui a tout perdu, sauf la conscience d'exister. Pour sa première mise en scène, Mathieu Bessero-Belti a pris le risque de créer ce texte écrit par Duras en 1968, en pleine guerre froide. Au vu de ce qu'il en fait, il faudra être attentif au trajet de ce très jeune homme, sorti de l'Ecole de théâtre de Martigny.

Véronique Ribordy

Nouvelliste - 08.09.2007